Gwilherm


Nom:  Pinet
Prénom:  Gaspard
Date de naissance: octobre 1914
Lieu de naissance: indéfini, en Allemagne                                                                                    Situation familiale avant l’exil: père mort, mère remariée, aucuns frères ou sœurs


Situation familiale après l’exil: marié, aucun enfant
Métier avant l’exil: militaire
Métier après l’exil: instituteur
Date de départ: 1939
Date d’arrivée: 1945
Lieu de départ: Allemagne
Lieux de transit: Italie et France
Lieu d’arrivée: États-Unis
Déplacement: à pied, à cheval et en bateau       


 Je m'appelle Gaspard Pinet, et je suis né en Allemagne en 1914. Ma mère, d'origine allemande, s'était mariée avec mon père, d'origine française. Quelques mois après ma naissance, mon père, engagé dans l'armée allemande, périt a la bataille de Tannenberg. Je vécus donc mon enfance sans père, seulement avec ma mère.
A l'âge de 10 ans, ma mère se remaria à un riche allemand, qui parvint à tous nos besoins.


Entrée des Allemands dans Paris, Gaspard est à cheval







 En 1939, quand la seconde Guerre Mondiale éclata, j’étais âgé de 25ans. Mon beau père, qui occupait le poste d'Oberleutnant dans l'armée nazie, me fit accéder au poste d'Armelwinkel, et je fus envoyé au front en Italie. Plus la guerre avançait et plus je me posais des questions sur les principes nazis. Un jour, nous fûmes rappelés et envoyés à Paris pour rentrer dans la ville défaite. Une fois arrivé là-bas, en total désaccord avec les idées nazies, je pris la décision de déserter. Pendant que nous marchions dans les rues, je sortis du rang et courut dans les petites rues aussi loin que possible. Ne parlant aucuns mots de français ou presque, je ne savais comment dire aux gens de me cacher. D'autant plus qu’ils avaient peur de moi et me haïssaient, en tant que combattant allemand. Après quelques temps, une jeune femme vint me proposer son aide. Elle m'amena chez ses parents, qui me cachèrent chez eux.


       Heureusement, la guerre touchait à sa fin, et les américains commençaient a affluer. Quelques semaines après la fin de la guerre, je pris la décision de partir pour l’Amérique. Mais j’étais tombé amoureux de mes protecteurs. Elle me proposa de m’aider a embarquer clandestinement sur un navire en partance pour l’Amérique et d’aller vivre la bas avec moi. Je ne pus déterminer la durée du trajet, mais il fut relativement tranquille, et la mer resta calme jusqu’à notre arrivée aux États-Unis. Arrivés là-bas, j’obtins la nationalité américaine sans difficultés majeures, et m’établis dans une petite ville près de Washington. Je devins enseignant, et ma femme resta à la maison. Quelques années après, j’appris par l’intermédiaire d’un ami que mon beau-père avait été tué par l’armée russe et que ma mère était morte dans un Goulag, en Sibérie. A la fin de ma vie, après que ma femme soit morte de vieillesse, je revins en France et mourut là-bas, dans le pays qui eut la bonté de m héberger, alors que je n’étais qu’un allemand. 
 
 

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